Interview du candidat à la Présidentielle 2017 – Emmanuel Macron

Quel rôle selon vous pour les électrotechnologies dans la société de demain ?

Les électrotechnologies ont un rôle clef à jouer dans la transition énergétique, environnementale et numérique de notre société. En tant qu’individus et citoyens, nous aurons besoin de ces technologies pour mieux maîtriser et devenir véritablement acteurs de notre consommation d’énergie.

Nous en aurons également besoin pour bénéficier de l’ensemble des services rendus possibles par le numérique, notamment dans le domaine de la santé avec le formidable potentiel de la télémédecine. Les électrotechnologies seront par ailleurs au cœur de la ville et des territoires vertueux de demain. Elles permettront d’optimiser le fonctionnement de nos réseaux de tout type : eau, transport, énergie, numérique etc. et ainsi rendre nos collectifs plus économes des ressources limitées de notre planète.

Elles seront enfin une composante essentielle de l’industrie du futur et de la montée en gamme que nous souhaitons pour nos entreprises. Leur compétitivité dépendra en effet de leur capacité à embrasser et conduire la transition écologique et numérique de notre société.

Comment mieux intégrer les solutions smart aux secteurs existants pour accompagner les transitions énergétique et numérique (bâtiments intelligents, industrie du futur, etc.) et assurer la sécurité numérique de ces nouveaux espaces ?

Pour accompagner ces transitions et intégrer au mieux les solutions innovantes disponibles, nous avons un double enjeu d’investissement et de formation. Ces deux dimensions sont au cœur de notre projet. L’investissement tout d’abord. Nous rendrons des marges de manœuvre supplémentaires aux entreprises pour investir dans leur montée en gamme, et nous investirons à leur côté pour réussir la transformation de
notre économie. L’industrie du futur sera soutenue par le Fonds pour l’industrie et l’innovation. La transition écologique sera appuyée par 15 milliards d’euros d’investissement publics sur les 50 milliards que compte notre plan d’investissement. La transition numérique sera aussi accompagnée, avec l’objectif ferme de couvrir en très haut débit l’ensemble du territoire et d’éliminer les zones blanches d’ici la fin du quinquennat. La formation ensuite, car sans investissement dans les compétences, il est illusoire de penser bien investir ou tirer tous les bénéfices de ces investissements.

Nous rendrons donc plus transparente et plus efficace la formation professionnelle, pour que se former devienne une démarche naturelle. 15 des 50 milliards d’euros du plan d’investissement public seront investis pour les compétences.

 

Notre pays a, grâce aux industries électrotechnologiques (leaders mondiaux, PME-ETI, start up et R&D dynamiques et performants) une excellence reconnue dans la mise en œuvre de la numérisation de l’économie (smart cities, smart grids, smart buildings, sécurité/confiance numérique, smart health). Comment capitaliser sur cette excellence pour nous positionner au niveau européen et mondial sur ces sujets ?

A l’export, nous devons plus que jamais jouer collectif en scellant l’alliance de la French Tech et de la Nouvelle France industrielle, celle de nos champions industriels, grandes entreprises et ETI. Un certain nombre d’initiatives ont été engagées pour mieux structurer et promouvoir l’offre française , notamment pour la ville durable ou les smart grids. Il faut désormais accélérer.

Les grands industriels doivent assumer leurs responsabilités et jouer le rôle de locomotives pour faire gagner tout l’écosystème français à l’international. La France sera en soutien. Au niveau européen tout d’abord. A l’image de la politique spatiale européenne, nous pousserons à la définition d’une nouvelle politique européenne pour soutenir les industries stratégiques de la transition écologique. Nous défendrons également un « Buy European Act » permettant de réserver l’accès aux marchés publics européens aux entreprises qui localisent au moins la moitié de leur
production en Europe. Plus largement, nous conforterons les dispositifs de soutien à l’export, et nous mobiliserons largement les capacités de notre diplomatie économique et écologique pour appuyer notre offre industrielle. © En Marche !