Tribune Sophie BRETON et Christel HEYDEMANN

Créons les conditions du succès des femmes dans l’industrie

Créons les conditions du succès des femmes dans l’industrie

Avec la troisième révolution industrielle se produit un alignement des astres propice à une plus grande diversité dans nos industries. En effet, la formidable puissance de la révolution de la donnée, du connecté et de l’intelligence artificielle a profondément renouvelé nos métiers, en a créé de nouveaux, et réimaginé les conditions du travail industriel. Dès lors les stéréotypes de métiers très masculins, n’ont plus lieu d’être. Pourtant, ils perdurent et il est de notre responsabilité en tant qu’industriels de les combattre. Parlons aux jeunes, à leurs parents, aux enseignants. Et en priorité aux jeunes filles qui sont encore trop peu nombreuses à s’engager dans des filières techniques, précisément à cause de cette image de nos métiers héritée du temps passé. Disons leur tout ce que l’industrie est aujourd’hui : moderne, innovante, créative et ambitieuse.

Choisissons de ne pas défendre une vision strictement et mathématiquement égalitaire de la répartition homme-femme. Ce qui importe, c’est garantir l’égalité des chances pour tous. Choisissons de ne pas défendre une vision angélique de la diversité entièrement mue par des considérations de justice sociale. Car elle ne fonctionne pas auprès de ceux pour lesquels le curseur du juste et de l’injuste diffère du nôtre.

Choisissons de dire combien la diversité représente un atout stratégique pour la réussite de nos entreprises, pour la vitalité économique de nos industries et constitue un levier de compétitivité pour notre pays. Choisissons de dire que dans un pays où le taux de chômage s’élève à plus de 9% et où des milliers d’emplois ne sont pas pourvus dans les secteurs en tension de l’électrique, de l’électronique et du numérique, il faut sensibiliser ces jeunes filles et ces femmes à nos métiers et aux parcours de formation qui y mènent.

Choisissons enfin—et c’est le plus important—de le faire, à travers des actions très concrètes. Envoyons des ambassadrices des formations techniques intervenir dans des collèges et lycées pour présenter leurs parcours professionnels. Créons des programmes de mentorat, de mécénat de compétences et de tutorat en direction des étudiantes et des lycéennes. Donnons l’élan à ces femmes talentueuses pour qu’elles se réalisent et transforment ce plafond de verre en miroir pour le nouveau monde !

Sophie BRETON

Vice-présidente Bâtiment de la FIEEC

Présidente du Groupement des Industries du Génie Numérique, Energétique et Sécuritaire (IGNES)

Senior Vice President APAC Hager Group

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Christel HEYDEMANN

Vice-présidente Branche électrique de la FIEEC

Présidente du Groupement des industries de l’équipement électrique, du contrôle-commande et des services associés (GIMÉLEC)

Présidente SCHNEIDER ELECTRIC France

Interview de Vincent BÉDOUIN, Président de l’association We Network

Après avoir accueilli plusieurs centaines d’acteurs de l’électronique mondiale, que peut-on retenir du WEF 2017 organisé pour la 1ère fois en France, à Angers ?

France is Back ! Le WEF nous a donné l’opportunité de présenter le rôle central joué par l’électronique dans la transformation digitale en cours au travers de 60 projets répartis sur 7 domaines d’usage : Smart’Agri,’Energy, ‘Health, ‘Home, ‘Moblility, ‘Security et ‘Wear. Les acteurs internationaux ont été unanimement impressionnés par notre vision du Smart WORLD et par notre écosystème d’innovation composé des start-ups de la French Tech mais aussi des PMEs, des ETIs et des Grands Groupes qui font la French Fab.

Quelles sont les ambitions aujourd’hui portées par la filière et plus particulièrement sur l’industrie électronique du futur ?

Nous sommes au début d’un nouveau cycle de croissance majeur marqué par l’Industrial IoT et l’électronique en est le socle industriel. La France dispose d’atouts considérables pour saisir cette opportunité avec un tissu diversifié d’industriels d’application, une communauté foisonnante de start-ups ainsi qu’une filière électronique à même de matérialiser cette innovation. Le développement de l’industrie électronique du futur est en revanche une condition sine qua non pour accélérer le Smart WORLD et répondre à la complexité des marchés de l’IIoT. C’est en particulier sur les services de production que se concentrent les enjeux, domaine où la France est leader en Europe !

Comment voyez-vous les synergies avec la FIEEC et ses syndicats adhérents ?

Nous avons saisi l’opportunité du WEF pour développer une feuille de route « Vers l’Industrie Electronique du Futur » avec la FIEEC et les 3 syndicats représentatifs de l’industrie électronique (ACSIEL, SNESE, SPDEI) car toutes les composantes de la chaine de valeur sont concernées par cette transformation. Ensemble, nous entendons à présent traduire cette feuille de route en actions concrètes et faire reconnaitre en France et en Europe le caractère stratégique de cette filière « IoT & Electronique » pour l’ensemble de l’industrie.

Interview de Gérard SALOMMEZ Président de la Commission consommation du MEDEF

Quelles sont les priorités de la Commission consommation du MEDEF au niveau de la présidentielle de 2017 et les propositions phares qui vous intéressent ?

La Commission consommation a établi une liste de propositions en vue des présidentielles de 2017. Les professionnels expriment le besoin d’une véritable stabilité juridique à la suite de l’adoption de la loi « Consommation » du 17 mars 2014 qui a considérablement modifié le cadre législatif et réglementaire du droit de la consommation, renforçant de manière importante les obligations pesant sur les professionnels. Elle soulève à ce jour d’importantes difficultés quant à sa mise en œuvre notamment sur les points suivants : le dispositif de médiation de la consommation, le nouveau régime relatif au démarchage téléphonique, l’information de la période de disponibilité des pièces détachées, le mécanisme de l’action de groupe…  De ce fait, les professionnels sont aujourd’hui dans l’attente d’une réelle pause législative et réglementaire pour leur permettre de s’adapter à leurs nouvelles obligations et de laisser le temps à la loi « consommation » de produire pleinement ses effets. Les pouvoirs publics doivent s’assurer que les nombreuses règles en vigueur sont bien appliquées avant d’en créer de nouvelles.

Parmi les autres propositions et sans que cette liste ne soit exhaustive, la Commission consommation propose de prévoir des études économiques avant l’adoption de chaque texte contraignant afin d’identifier en amont si ces nouvelles mesures sont réellement susceptibles de doper la croissance en matière d’économie et d’emploi.

Par ailleurs, elle souhaiterait que les pouvoirs publics respectent un certain délai entre la publication de textes et la date de leur entrée en vigueur afin de laisser aux professionnels suffisamment de temps de se conformer aux nouvelles dispositions légales et réglementaires.

Enfin, les professionnels accordent une place prépondérante au souci de compétitivité des entreprises françaises sur le territoire national mais également en Europe et dans le monde. Pour ce faire, il est essentiel que les régulateurs et les pouvoirs publics nationaux n’anticipent pas la mise en œuvre de règlementations européennes à venir sous peine notamment d’handicaper les entreprises françaises dans la concurrence entre acteurs européens. Il convient également d’éviter les sur-transpositions de textes communautaires. A cet égard, la Commission consommation propose de mettre en place un observatoire sur le sur-transposition des directives communautaires en France qui serait habilité à recommander des actions correctives contraignantes en cas de sur-transposition.

Thèmes prioritaires de la Commission consommation pour l’année 2017 ?

En raison des élections présidentielles et législatives, l’année 2017 sera une année de transition à plus d’un titre. Au cours du premier semestre, la Commission consommation se concentrera essentiellement sur des actions de sensibilisation et d’information des candidats à la présidentielle.

L’année sera également particulièrement marquée par la mise en œuvre, de manière plus effective, du mécanisme de la médiation de la consommation. La Commission d’évaluation et de contrôle de la médiation (CECM) mise en place en 2016 délivre encore des agréments à des associations de médiateurs et des personnes physiques. La Commission consommation continue à suivre de près ces travaux et va accompagner les entreprises, quelles que soient leurs tailles, dans la mise en application de ce nouveau dispositif. Un guide pratique MEDEF d’accompagnement des entreprises sous forme de questions/réponses sera disponible à l’issue du premier semestre 2017.

Par ailleurs, la place accordée au numérique est prépondérante notamment depuis l’adoption de la loi Lemaire en octobre 2016. La Commission consommation, en concertation avec d’autres instances, interviendra au niveau national dans le suivi de l’adoption des décrets d’application de la loi et continuera à suivre au niveau européen, l’avancée du marché unique numérique en lien avec le patronat européen (BusinessEurope).

Enfin, la Commission consommation du MEDEF poursuivra ses travaux habituels en maintenant notamment une présence très active au sein du Conseil National de la Consommation (CNC) et en développant également des liens avec les associations de consommateurs et les pouvoirs publics par exemple par l’organisation de rencontres trois fois par an sous forme de petits déjeuners débat sur des sujets d’actualité.

Quelle importance accorde la Commission consommation du MEDEF aux liens unissant les consommateurs et l’environnement ?

La Commission consommation du MEDEF a pleinement conscience des attentes des consommateurs en matière environnementale. Les modes de consommation évoluent sans cesse sous l’effet notamment de l’innovation technologique, ce qui créé de nouveaux besoins dont notamment une meilleure information des consommateurs. L’impact sur l’environnement des produits est ainsi de plus en plus pris en compte par ces deniers, notamment concernant la durabilité des produits (information relative à la disponibilité des pièces détachées, fin de vie et réemploi des équipements électriques et électroniques). Ces informations sont devenues un véritable critère d’achat pour les consommateurs. Afin de répondre au mieux à ces demandes et de satisfaire les consommateurs, ce qui correspond au premier objectif des entreprises, les professionnels sont constamment à la recherche des meilleurs outils susceptibles de permettre une information claire, lisible et transparente.

De nombreuses bonnes pratiques sectorielles ont d’ailleurs été développées dans le domaine de l’information sur l’entretien ou la réparation des produits (parution de guides, journée d’information…).

Dans ce cadre, l’un des objectifs majeurs de la Commission consommation du MEDEF est justement d’essayer de renforcer la compréhension commune entre les consommateurs et les professionnels. La mise en œuvre d’une réglementation, comme par exemple celle relative à l’information sur la disponibilité des pièces détachées, peut poser certaines difficultés opérationnelles qui nécessitent du temps et des échanges étroits entre les professionnels concernés (industriels et distributeurs).

L’environnement est tout autant une attente des consommateurs qu’une exigence pour les professionnels.

Interview de Gary SHAPIRO – Consumer Technology Association’s President and CEO

How do you think technology and more precisely connected objects could disrupt the world?

Consumer technology – powered by anytime/anywhere connectivity – holds the promise of a better world. Self-driving technology means safer roads, fewer car accidents and increased mobility for seniors and people with disabilities. Drones aid in disaster relief and deliver medical supplies to areas without roads. Connected wellness devices keep us in closer touch with our doctors – and our loved ones – whether you live across town or across the country. In one way or another, large or small, all of us have been impacted by these technologies. The pace of innovation is lightning-fast. These technologies will touch all of us, improving the lives of everyone on the planet.

From your point of view, what could be the main topics of the incoming CES 2018. Do you think Artificial intelligence could be one of them?

CES ® turned 50 this year, but the show never gets old. Every year I’m excited to see the new, awe-inspiring technologies on display at CES. This year, we’re diving deep into smart cities. Sensors, 5G connectivity and artificial intelligence combine in amazing ways, reducing traffic congestion, improving infrastructure repair and conserving energy, for example. Cities are investing in selfdriving technology, wireless broadband and sensors. And the data collected by these sensors can optimize energy use, improve emergency services and improve quality of life. CTA predicts there will be at least 88 smart cities worldwide by 2025, and 70 percent of the world’s population is expected to live in these smart cities by 2050. Artificial intelligence will be one of the key ingredient technologies over the next decade that has the power to transform our lives for the better. AI is in our cars, homes and health and wellness devices. And our new artificial intelligence marketplace will feature the latest from this promising technology – expect to see much more than just digital assistants. Think cars, health and wellness devices, home security and smart home systems, robotics, agriculture and so much more. And we’ll see an increased focus on user value of AI at CES 2017.

What is your view about French innovations and its impacts worldwide?

France is a hotbed of innovation and a global advocate for entrepreneurialism and startups. Many government policies encouraged by President Macron support innovation and tech education with a focus on science, technology, engineering and math degrees. More than 4,900 French attendees came to CES 2017, establishing France among the top five countries represented at the show. And 249 French companies exhibited In Eureka Park, the flagship startup destination at CES, helping make France the second largest exhibiting country, following the U.S.

Interview du candidat à la Présidentielle 2017 – Emmanuel Macron

Quel rôle selon vous pour les électrotechnologies dans la société de demain ?

Les électrotechnologies ont un rôle clef à jouer dans la transition énergétique, environnementale et numérique de notre société. En tant qu’individus et citoyens, nous aurons besoin de ces technologies pour mieux maîtriser et devenir véritablement acteurs de notre consommation d’énergie.

Nous en aurons également besoin pour bénéficier de l’ensemble des services rendus possibles par le numérique, notamment dans le domaine de la santé avec le formidable potentiel de la télémédecine. Les électrotechnologies seront par ailleurs au cœur de la ville et des territoires vertueux de demain. Elles permettront d’optimiser le fonctionnement de nos réseaux de tout type : eau, transport, énergie, numérique etc. et ainsi rendre nos collectifs plus économes des ressources limitées de notre planète.

Elles seront enfin une composante essentielle de l’industrie du futur et de la montée en gamme que nous souhaitons pour nos entreprises. Leur compétitivité dépendra en effet de leur capacité à embrasser et conduire la transition écologique et numérique de notre société.

Comment mieux intégrer les solutions smart aux secteurs existants pour accompagner les transitions énergétique et numérique (bâtiments intelligents, industrie du futur, etc.) et assurer la sécurité numérique de ces nouveaux espaces ?

Pour accompagner ces transitions et intégrer au mieux les solutions innovantes disponibles, nous avons un double enjeu d’investissement et de formation. Ces deux dimensions sont au cœur de notre projet. L’investissement tout d’abord. Nous rendrons des marges de manœuvre supplémentaires aux entreprises pour investir dans leur montée en gamme, et nous investirons à leur côté pour réussir la transformation de
notre économie. L’industrie du futur sera soutenue par le Fonds pour l’industrie et l’innovation. La transition écologique sera appuyée par 15 milliards d’euros d’investissement publics sur les 50 milliards que compte notre plan d’investissement. La transition numérique sera aussi accompagnée, avec l’objectif ferme de couvrir en très haut débit l’ensemble du territoire et d’éliminer les zones blanches d’ici la fin du quinquennat. La formation ensuite, car sans investissement dans les compétences, il est illusoire de penser bien investir ou tirer tous les bénéfices de ces investissements.

Nous rendrons donc plus transparente et plus efficace la formation professionnelle, pour que se former devienne une démarche naturelle. 15 des 50 milliards d’euros du plan d’investissement public seront investis pour les compétences.

 

Notre pays a, grâce aux industries électrotechnologiques (leaders mondiaux, PME-ETI, start up et R&D dynamiques et performants) une excellence reconnue dans la mise en œuvre de la numérisation de l’économie (smart cities, smart grids, smart buildings, sécurité/confiance numérique, smart health). Comment capitaliser sur cette excellence pour nous positionner au niveau européen et mondial sur ces sujets ?

A l’export, nous devons plus que jamais jouer collectif en scellant l’alliance de la French Tech et de la Nouvelle France industrielle, celle de nos champions industriels, grandes entreprises et ETI. Un certain nombre d’initiatives ont été engagées pour mieux structurer et promouvoir l’offre française , notamment pour la ville durable ou les smart grids. Il faut désormais accélérer.

Les grands industriels doivent assumer leurs responsabilités et jouer le rôle de locomotives pour faire gagner tout l’écosystème français à l’international. La France sera en soutien. Au niveau européen tout d’abord. A l’image de la politique spatiale européenne, nous pousserons à la définition d’une nouvelle politique européenne pour soutenir les industries stratégiques de la transition écologique. Nous défendrons également un « Buy European Act » permettant de réserver l’accès aux marchés publics européens aux entreprises qui localisent au moins la moitié de leur
production en Europe. Plus largement, nous conforterons les dispositifs de soutien à l’export, et nous mobiliserons largement les capacités de notre diplomatie économique et écologique pour appuyer notre offre industrielle. © En Marche !